Une fois élus, les sénateurs exercent les mêmes grandes fonctions parlementaires que les députés : ils examinent et votent les textes législatifs, contrôlent l’action du Gouvernement et participent à l’évaluation des politiques publiques. Les différences entre l’Assemblée nationale et le Sénat ne tiennent donc pas à l’existence ou non d’un pouvoir législatif, mais notamment à leur mode d’élection, à leur calendrier de renouvellement et à certaines règles constitutionnelles régissant leurs relations.
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Le caractère indirect du scrutin explique aussi pourquoi une campagne sénatoriale ne ressemble pas nécessairement à une campagne présidentielle ou municipale. Les candidats s’adressent à un corps électoral composé d’élus qui connaissent souvent les problématiques des collectivités : finances locales, services publics, urbanisme, infrastructures, organisation territoriale ou relations avec l’État. Les enjeux locaux peuvent donc prendre une importance particulière dans les échanges qui précèdent le vote.
Pour un citoyen, suivre les élections sénatoriales permet finalement de mieux comprendre la logique du Parlement français. Le scrutin ne consiste pas simplement à renouveler une assemblée éloignée de la vie locale. Il repose précisément sur les élus des territoires et contribue à relier les institutions nationales aux collectivités. Derrière un mécanisme électoral moins familier se trouve ainsi l’une des principales caractéristiques du bicamérisme français : faire participer deux chambres élues selon des modalités différentes à l’élaboration de la loi.
