Deux ans après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le sport français est entré dans une phase différente. Les grandes cérémonies, les compétitions organisées au cœur de Paris et l’effervescence de l’été 2024 appartiennent désormais au passé. En 2026, la question est plus concrète : l’enthousiasme suscité par les Jeux a-t-il réellement modifié les habitudes sportives des Français, et comment maintenir cette dynamique lorsque l’événement lui-même n’occupe plus quotidiennement l’espace médiatique ?
Les données disponibles montrent que la pratique sportive reste élevée. Le Baromètre national des pratiques sportives publié en janvier 2026 indique que 61 % des personnes âgées de 15 ans ou plus pratiquaient régulièrement une activité sportive en 2025, c’est-à-dire au moins une fois par semaine en moyenne. Ce niveau est supérieur de deux points à celui observé en 2023, avant les Jeux, et de sept points à celui enregistré en 2018. Si l’on inclut les pratiques occasionnelles, 72 % des personnes interrogées déclaraient avoir pratiqué une activité physique ou sportive au cours des douze mois précédents.
Ces chiffres ne permettent pas d’attribuer chaque nouvelle pratique aux Jeux de Paris 2024. Les habitudes évoluent depuis plusieurs années sous l’effet de nombreux facteurs : développement de la marche et de la course, pratique à domicile, préoccupations liées à la santé ou multiplication des équipements de proximité. Ils montrent néanmoins que la hausse observée autour de la période olympique ne s’est pas immédiatement inversée une fois les compétitions terminées.
Les manières de faire du sport évoluent également. La marche et la course à pied occupent une place importante dans les pratiques actuelles, tout comme les activités réalisables de manière autonome. Cette évolution correspond à une recherche de flexibilité : beaucoup de personnes souhaitent pouvoir bouger sans nécessairement dépendre d’un entraînement organisé à heure fixe. La santé reste par ailleurs l’une des principales motivations déclarées pour pratiquer une activité sportive.
Le défi de 2026 consiste donc moins à convaincre tout le monde de rejoindre une fédération qu’à faciliter des formes de pratique très différentes. Une personne peut fréquenter un club, courir seule, marcher plusieurs fois par semaine ou suivre des séances à domicile. Le modèle sportif français doit désormais composer avec cette diversité. Le même baromètre montre d’ailleurs que la pratique en club associatif représente environ 20 % des pratiquants et qu’elle est en retrait par rapport à 2018.
C’est dans ce contexte qu’a été lancée en septembre 2026 la première édition de « Septembre Bouge ». Pendant un mois, cette opération nationale cherche à remettre l’activité physique au cœur du quotidien. Elle comprend notamment une tournée dans 18 villes, des villages sport-santé gratuits, des démonstrations, des initiations et des événements proposés par des associations, des collectivités et d’autres acteurs locaux.
