Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 ont introduit une modification importante pour des milliers de petites communes françaises. Jusqu’alors, les règles électorales n’étaient pas identiques selon que la commune comptait moins ou plus de 1 000 habitants. Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 21 mai 2025, le scrutin de liste paritaire a été étendu aux communes de moins de 1 000 habitants, qui représentent environ sept communes françaises sur dix.
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La différence est très concrète pour les électeurs. Dans les petites communes, le « panachage » était auparavant possible : un électeur pouvait notamment supprimer certains noms d’un bulletin, en ajouter provenant d’une autre liste ou modifier l’ordre des candidats. Cette pratique, profondément ancrée dans certains villages, a disparu lors du scrutin de 2026. Les électeurs doivent désormais choisir une liste sans en modifier la composition. Un bulletin modifié n’est pas considéré comme valide.
Cette harmonisation rapproche donc le fonctionnement électoral des petites communes de celui déjà appliqué dans les communes de plus de 1 000 habitants. Le scrutin est organisé en deux tours et les candidatures sont présentées sous forme de listes. Lorsqu’une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés dès le premier tour, elle reçoit une prime correspondant à la moitié des sièges à pourvoir. Les sièges restants sont ensuite répartis proportionnellement entre les listes ayant dépassé le seuil prévu par les règles électorales.
La réforme a également introduit une obligation de parité dans la composition des listes. Les candidatures doivent respecter une alternance entre femmes et hommes. Le ministère de l’Intérieur rappelait avant le scrutin que les femmes ne représentaient jusque-là que 37,6 % des conseillers municipaux dans les communes de moins de 1 000 habitants. L’harmonisation du mode de scrutin avait donc notamment pour objectif d’accroître leur représentation dans ces conseils.
Le législateur a toutefois prévu une adaptation à la réalité des villages où il peut être difficile de réunir suffisamment de candidats. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, une liste peut comporter jusqu’à deux candidats de moins que l’effectif légal du conseil municipal. Dans une commune de moins de 100 habitants, par exemple, le conseil municipal comprend normalement sept membres, mais une liste pouvait être présentée en 2026 avec seulement cinq candidats.
Pour les candidats, le changement est également important. Une personne ne peut plus se présenter seule dans une petite commune selon l’ancien fonctionnement : elle doit intégrer une liste. Cela encourage la constitution d’équipes avant le scrutin et rend plus visible le projet collectif proposé aux électeurs. En revanche, cette exigence peut constituer une difficulté supplémentaire dans certains villages où le nombre d’habitants prêts à exercer un mandat municipal est limité.
