De nombreuses entreprises choisissent donc des ajustements plus ciblés. Elles révisent certains tarifs, renégocient leurs contrats ou modifient leurs achats. Les hausses de prix deviennent plus sélectives qu’auparavant.
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La question de la demande est tout aussi importante. Une entreprise peut absorber une augmentation de ses charges lorsque son carnet de commandes est bien rempli. La situation devient plus délicate lorsque les clients repoussent leurs achats.
En septembre, la Banque de France estimait que la croissance du PIB pourrait atteindre 0,1 % au troisième trimestre. L’activité continuait de progresser dans plusieurs secteurs, mais avec des disparités importantes. Dans le bâtiment, notamment, les carnets de commandes restaient insuffisamment garnis.
Les dirigeants surveillent donc plusieurs indicateurs à la fois : prix de l’énergie, coût des matières premières, demande, trésorerie et conditions de financement.
La situation énergétique est particulièrement suivie. Lorsque les prix augmentent rapidement, l’impact ne se limite pas à la facture d’électricité ou de carburant. Le transport devient plus cher, certains fournisseurs révisent leurs tarifs et les produits nécessitant beaucoup d’énergie pour leur fabrication peuvent également subir des hausses.
Pour les prochains mois, les entreprises semblent adopter une approche prudente plutôt qu’un scénario unique. Les tensions internationales restent susceptibles d’influencer les prix de l’énergie et de certaines matières premières. La Banque de France mentionne d’ailleurs régulièrement l’environnement géopolitique parmi les principales sources d’incertitude.
Cette incertitude change la manière de préparer les budgets.
Au lieu de construire une prévision annuelle unique, certaines entreprises travaillent avec plusieurs scénarios. Elles calculent par exemple ce qui se passerait si le carburant, l’électricité ou une matière première augmentait de nouveau de quelques points. Cette méthode permet d’identifier à l’avance les dépenses qui pourraient être réduites ou les prix qui devraient être révisés.
La trésorerie constitue également une protection essentielle. Les entreprises capables de conserver une réserve disposent de davantage de temps pour réagir à une hausse temporaire des coûts. À l’inverse, une société fonctionnant avec une trésorerie très serrée peut être rapidement confrontée à des arbitrages difficiles.
Enfin, la maîtrise des coûts passe de plus en plus par l’investissement. Un équipement moins énergivore ou un processus mieux automatisé peut représenter une dépense immédiate mais réduire les charges pendant plusieurs années.
La Banque de France prévoit d’ailleurs une reprise progressive, quoique modérée, de l’investissement des entreprises en 2026. Les dépenses liées à la transition écologique et numérique devraient continuer à soutenir certains projets.
Pour les chefs d’entreprise, le principal défi des prochains mois ne sera donc probablement pas de prévoir parfaitement l’inflation. Il sera plutôt de conserver suffisamment de souplesse pour réagir à des mouvements de prix qui peuvent être très différents d’un secteur à l’autre.
